Le processus de résolution de conflit de médiation professionnelle adopte une démarche inversée par rapport à la démarche judiciaire.

Un conflit se caractérise par la présence de trois éléments :

  • l’élément juridique (le lien de droit, le contrat)
  • l’élément technique (l’appréciation d’une valeur, les aspects techniques, matériels financiers…)
  • l’élément émotionnel, élément caractéristique en l’absence duquel le conflit n’est plus qu’un désaccord que l’on résout par la négociation.

La voie judiciaire ou de l’arbitrage, avec les professionnels du droit, traite d’abord l’élément juridique, fait éventuellement apprécier l’élément technique par un expert, et dédommage l’aspect émotionnel (dommages et intérêts).

La conciliation offre une voie moins marquée par le droit, plus emprunte de morale et de pondération quant à la plainte. Elle se situe entre la négociation animée par un tiers et l’indécision du juge.

La négociation est ancrée dans la lecture technique du litige. Elle survole les aspects affectif pour en faire des éléments à contrôler par l’urgence de traiter la problématique technique, souvent considérée sous l’angle économique.

Le processus de médiation professionnelle, à l’inverse, traite d’abord l’aspect émotionnel du conflit, le « purge » de son côté affectif. La médiation professionnelle rétablie la plénitude du droit humain aux mécontentements et à l’irraisonné. Une fois vécues et reconnues, les émotions passent, laissant la place à la raison et à la volonté des personnes. Celles-ci sont en situation de trouver et de décider sereinement d’une solution. Elles ne sont plus sous l’emprise des émotions et se retrouvent sur le terrain de la définition d’un projet, qu’il s’agisse de rétablir la relation, de l’aménager ou de la rompre.

La posture du médiateur est inédite

Indépendant des parties, impartial, neutre (voir : les garanties et l’engagement du médiateur professionnel), le médiateur professionnel agit comme un tiers facilitateur mais ne représente pas un 3ème point de vue.

Par son action de reconnaissance de la légitimité des personnes et de leurs sentiments, besoins, attentes… il pose l’acte fondateur de la résolution du différend.

Le médiateur est un professionnel, expert de la qualité relationnelle. Il possède l’art du langage et met en œuvre une rhétorique pacificatrice qui permet aux personnes de communiquer réellement.

C’est aussi un professionnel de l’accompagnement ; il aide et guide les personnes dans la clarification des besoins, valeurs, intérêts…, il pointe les chemins de traverse existants, la singularité des points de vue, les rôles endossés, laissant aux personnes la liberté de se déterminer en connaissance de cause.

Enfin, il est le confident tenu à la plus stricte confidentialité, qui anime une inimaginable discussion au cours de laquelle il est l’acteur principal de la reconnaissance des parties.


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